epis_2La réforme du collège a produit beaucoup d’agitation, mais on n’en entend plus parler. Ne revenons pas sur les sujets des langues ou de l’égalitarisme qui ont tant divisé ; parlons des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires). Sur le papier et dans les intentions ce volet de la réforme peut apparaitre innovant et porteur. Mais qu’en est-il de sa mise en place ? Tous ont reconnu la nécessité d’un solide accompagnement en matière de formation. Pourtant, nous recevons des échos de collègues pour lesquels, à l’inverse du public semble-t-il, rien ne se passe.
Qu’en est-il pour vous ? Que pensez-vous de ce nouvel enseignement et de son articulation avec les enseignements communs ? Au regard du bilan pour le moins mitigé des accompagnements personnalisés, n’a-t-on pas des raisons d’être méfiants? Et qu’en sera-t-il des répartitions horaires l’an prochain : va-t-on vraiment choisir de s’impliquer dans les EPI ou bien constitueront-ils des heures « bouche trou » gérées pour le meilleur et le pire de l’autonomie par nos seules directions ? Car en l’absence de CA et bien souvent de conseil pédagogique dans le privé, quelles instances prendront les décisions concernant les EPI ?

 

 

im1im2Selon une étude récente de l’OCDE (http://www.oecd.org/pisa/keyfindings/PISA-2012-students-computers-france-fre.pdf), les meilleures performances en lecture et calcul sont réalisées par les élèves utilisant peu les technologies du numérique à l’école (TICE).

Or l’équipement en matériel informatique de toutes sortes dans de nombreux établissements est devenu un argument majeur auprès des parents et parfois des jeunes.

Et chez vous les TICE ont-ils fait progresser vos élèves dans les fondamentaux tels que la lecture ou le calcul ? Ont-ils gagné en autonomie ? Ont-ils une meilleure maîtrise des outils notamment méthodologiques pour élaborer un savoir construit ? Bref comment évalueriez-vous l’arrivée des TICE dans votre pratique pédagogique ?

Avec les mots clés :
 
grillLE COLLÈGE UNIQUE SUR LE GRIL
QU’EST-CE QUI RISQUE DE CHANGER POUR LES ÉLÈVES ET POUR LES PROFS ?
D’ACCORD … PAS D’ACCORD …
L’AVIS DE NOS COLLÈGUES

 

 

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Selon Opinion Way, organisme de sondages, près de 80% des Français jugent positivement la généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés.
C’est un «oui» massif des Français envers l’assurance santé obligatoire des salariés. 79% des personnes interrogées qualifient la généralisation de la complémentaire santé de «bonne» (52%) ou «très bonne» (27%). En sachant qu’une courte majorité des sondés (60%) est au courant de cette nouvelle obligation qui doit entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier 2016, on peut se demander si les salariés OGEC des établissements d’enseignement privé ont reçu une information à ce sujet.

Le comité d’entreprise (ou la DUP) de votre établissement a-t-il été saisi de cette question ?

 

Témoignage de Denis T***, délégué syndical dans le Morbihan « J’ai très mal vécu cette période de remise en cause de la convention collective. J’avoue avoir eu du mal à suivre les péripéties de la dénonciation, de la négociation ensuite et de sa remise en cause par les autres syndicats enfin. Mais le plus difficile pour moi était d’expliquer au personnel de service pourquoi désormais son premier jour d’arrêt maladie ne lui serait pas payé et au nouveau surveillant pourquoi il devait, pour le même salaire, travailler davantage ou alors accepter que son contrat soit à temps partiel ! L’intendante de mon lycée n’était pas plus à l’aise que moi et je sais qu’elle a eu des réunions difficiles avec les gestionnaires de son Ogec qui ont surtout vu dans la disparition de la convention collective un moyen de faire des économies rapides et faciles sur la masse salariale. Je sais que nombreux sont les personnels des établissements à avoir traversé cette période avec un sentiment de fierté blessée voire de colère. »

  •  20 mai 2011

im1Dénonciation partielle unilatérale la convention collective des personnels de droit privé des établissements privés sous contrat par le collège employeur. L’annexe portant sur la nouvelle classification des salariés étant elle conservée.

« Bravo les patrons de l’Enseignement catho ! Doctrine sociale l’Eglise : eux pas connaître ou bien mal. »

  • 13 décembre 2012

Le Snec-CFTC et le Spelc signent un accord de substitution à la convention collective. La Fep-CFDT refuse de signer et rejoint la Fnec-fp, le Sneip-CGT et le Synep-CGC. Ces quatre syndicats notifient leur opposition à la mise en œuvre de la Convention Collective des établissements d’enseignement privé (CCEEP).

« Ils sont fous ! Chacun sait qu’une convention collective, même médiocre vaut toujours mieux que le code du travail ! Mais il est vrai qu’il faut trouver moyen de montrer qu’on existe … »

im2Les salariés découvrent à leurs dépens qu’ils relèvent maintenant du droit du travail qui est loin d’être aussi intéressant que la convention à laquelle les quatre syndicats se sont opposés.

« Je comprends le pata-quès à cette époque entre les anciens contrats de travail et les nouveaux : les embauchés de la rentrée 2013 n’ont pas le même temps de travail que leurs collègues, retour du jour de carence pour maladie… »

  • 11 janvier 2013

im3Échec en référé de la Fep-CFDT qui avait saisi la justice pour faire annuler la décision du 20 mai 2011.

 

« Concrètement cela veut dire qu’on est parti pour des mois et des mois de procédures judiciaires. »

  • 3 février 2015

Le Tribunal de Grande Instance de Paris annule la dénonciation du 20 mai 2011.

« Deux ans plus tard !!! Pendant ce temps les personnels trinquent avec des directions qui en profitent pour rabioter ou essaient de comprendre les consignes de la Fnogec … »

  • en mars 2013

La Fnogec publie des recommandations.

  • 10 février 2015

im4Le collège employeur fait appel de la décision du TGI. Cet appel est suspensif de la décision prise par le TGI le 3 février.

 

« Cela veut dire qu’on repart à zéro pour négocier une nouvelle convention collective au lieu d’avoir mis à profit ce temps pour améliorer le texte initial. »

 

Pour bienholly139661360648_art comprendre le message qui suit et transmis par une enseignante du 1er degré breton, il faut préciser plusieurs points importants. L’emploi breton des maitres du 1er degré est depuis bientôt quatre ans bloqué par une situation d’enseignants en surnombre. En opposition contre le Ministère et le SGEC, L’enseignement catholique breton s’est entendu avec le rectorat pour bloquer toute intégration 1er degré en Bretagne en conservant tous les lauréats bretons sur notre académie. S’il y a blocage sur les intégrations, la conséquence est tout aussi négative pour le mouvement interne à la Bretagne :

Chaque année depuis 3 ans, lorsque le mois de février approche, c’est l’heure du mouvement de l’emploi ! Super, c’est peut être enfin l’espoir d’avoir MA classe dans une seule école où je vais pouvoir m’investir et faire toutes les activités que je désire.

 Seulement voilà, cela fait trois ans que je suis titulaire d’un ½ temps et de deux ¼ temps. Malgré toute la bonne volonté de chacun, il est difficile de s’investir pleinement lorsqu’il est nécessaire de composer avec trois collègues et plusieurs établissements !

 A chaque demande de mutation aucune proposition ne m’a été faite car il n’y a pas de possibilités. Je le conçois tout à fait car j’ai tout à fait conscience que le mouvement est très compliqué et que peu de moyens nous sont accordés. Seulement, je m’aperçois que les professeurs des écoles titulaires d’un an sont prioritaires par rapport à tous les autres professeurs des écoles et ce, qu’elle que soit leur ancienneté. Je ne peux que vivre cette situation comme une injustice ! Je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais obtenu mon concours l’année suivante je ne serais pas dans cette situation. Je me demande même parfois si je n’aurais pas dû avoir un échec pour éviter ça !

N’y-a-t-il pas une modification des priorités à effectuer ? Je comprends tout à fait que chacun doit obtenir un poste mais dans ce cas pourquoi ne pas placer les titulaires de première année sur les postes fractionnées des professeurs des écoles qui ont plus d’ancienneté et dont leur situation est difficile ? Comment expliquer qu’un enseignant qui ait plus de 20 ans d’ancienneté ne puisse changer d’établissement car un titulaire de première année a été nommé sur un des postes sur lequel il avait postulé ? Je n’ai pas de réponses à ces interrogations mais je suis persuadée qu’il existe des solutions pour que chacun y trouve sa place.

Certes, je ne peux parler que de ma situation mais je sais que d’autres enseignants expriment leur mécontentement face à cette situation.

Je vais donc continuer à faire ma demande comme chaque année (et même en faisant la demande pour obtenir deux mi-temps) en espérant que les injustices seront réglées ou que les lois permettront de les résoudre.

stress (2)N’avez-vous jamais été confronté à ces gens qui dès qu’ils sont dans une soirée en présence d’enseignants qu’ils ne connaissent pas ne trouvent rien d’autre à dire que : « Ah oui vous êtes prof, toujours en vacances ! » ?
Moi si et je leur ai répondu que eux qui ne sont pas enseignants avaient beaucoup de chance. Beaucoup de chance ? Oui car sans nous ils devraient se charger de l’éducation de leurs enfants… et là je vois madame et monsieur pousser un soupir d’épuisement.
Épuisement, oui d’épuisement. C’est ce que nombreux enseignants ressentent, non pas le soir en rentrant chez eux, mais en sortant de la classe dans laquelle ils viennent d’enseigner une heure avant de partir dans la suivante.
Alors pourquoi ce métier est-il devenu aussi pénible, dans l’enseignement privé catholique notamment ? Les raisons sont multiples et nombreuses.
Commençons par les élèves, souvent plus éveillés qu’il ne faut et souvent plus endormis que la normale pour agrémenter de leur participation active les cours. Les cours, que l’on a coutume de qualifier de face à face « pédagogique », ne sont pas de tout repos non plus. Mais là inutile d’en dire plus, vous savez de quoi je parle.
Enchainons par les parents souvent consuméristes et inquiets pour l’avenir de leurs enfants et qui les suivent de tellement prêt qu’ils interrogent sans cesse les enseignants.
Poursuivons par l’État qui du fait que nous sommes agents publics nous contraint à suivre ses directives telles que les réformes à répétition auxquelles il faut s’adapter, le cahier de texte électronique etc.
Terminons par les chefs d’établissements qui du fait qu’ils ne sont pas nos employeurs profitent de « ce personnel » mis à disposition pour faire grandir leur établissement au travers de ce qu’ils appellent le caractère propre et par là même embellir leur propre CV pour avancer dans leur « schéma de carrière ». Ici la liste est longue : demi journées pédagogiques qui n’ont rien de pédagogique, AG, portes ouvertes (deux parfois), activités sportives et caritatives sur temps libre, 3 conseils de classes ( voire 4 parfois) par classes et par trimestre, réunions de parents, sorties pédagogiques, de préférence sur temps libre ou vacances … et si d’aventure je tombais malade, on me ferait en plus culpabiliser.
En tant qu’enseignant je me sens observé en permanence par les yeux de l’État et de ses inspecteurs, par le chef d’établissement et ses sous-chefs, par les parents et par une trentaine de paires d’yeux pour lesquels je ne peux avoir la moindre défaillance.
Toutes ces raisons, et j’en oublie certainement, rendent ce métier stressant, pénible nerveusement. Mais vous, ressentez-vous aussi ce stress, cette pénibilité? Sont-ils présents dans votre établissement ? Ou suis-je le seul ?

 

stick (2)En modifiant l’âge de départ à la retraite le gouvernement a délibérément ignoré une demande forte du Snec-CFTC Enseignement Privé : reconnaître la pénibilité du métier d’enseignant.
Depuis très longtemps le syndicat chrétien avait fait de ce thème l’un de ces chevaux de bataille. Il ne fallait en effet pas être devin pour voir que le métier n’a cessé d’évoluer pour être ce qu’il est aujourd’hui : un métier pénible et stressant dans lequel la dimension humaine n’a cessé de perdre du terrain sur le numérique omniprésent et intrusif. Le gouvernement a fait pire, non seulement il n’a pas tenu compte de la pénibilité mais il a en plus allongé la durée de travail !
Avant, quand la classe se terminait l’enseignant emmenait chez lui les copies et préparait le travail du lendemain. Aujourd’hui après une journée de travail, il rentre chez lui, se connecte à l’intranet de son établissement (quand le système fonctionne ou ne se coupe pas à tout instant), répond aux mails (et quels mails !) des parents, des élèves, remplit le cahier de texte. Rappelons que seul le cahier de texte est obligatoire d’ailleurs ! Mais tout cela prend du temps et ce n’est qu’ensuite que nous pouvons commencer corrections et préparations.
Or la journée de l’enseignant est longue. Du matin jusqu’au soir il lui faut toujours être prêt, sans le moindre relâchement… sinon cela peut vite tourner à la catastrophe. Les élèves sont fatigants, parfois turbulents pour ne pas dire pire. Quand on enseigne, on ne s’arrête pas quand on veut pour aller aux toilettes, boire un café ou même fumer une cigarette, on attend la sonnerie!
Je connais des collègues, prof de philo en TL ou de maths en prépa, qui voient la retraite approcher avec inquiétude bien qu’ils aient encore le goût d’enseigner. Sans doute parce qu’ils ont affaire à de jeunes adultes. Moi, mes élèves sont collégiens et avec les années qui passent j’ai le sentiment d’avoir de moins en moins de patience. Je me demande si je suis encore aussi efficace que le premier jour. Cette remise en cause de ma pratique professionnelle serait bénéfique s’il y avait des perspectives réelles de réorientation de sa carrière. Dans les faits je n’en connais que très peu : devenir formateur ? chef d’établissement ? déchargé syndical ? Cela ne peut toucher qu’un nombre restreint de personnes et il n’y a pas d’ouverture vers d’autres administrations comme dans le public. Non ma carrière, une fois le concours réussi, est rythmée par les promotions et les visites d’inspecteurs. Elle se terminera par le pompon suprême de la GIPA si mon état de santé à 65 ans m’en laisse le loisir.
En plaisantant, je dis à mes collègues qu’il va falloir, si cela continue ainsi, créer des postes supplémentaires d’AVS mais pour accompagner les vieux profs à leurs cours ! Et vous, quel est votre sentiment ?

 

On doit être très content de recevoir de tels messages d’encouragements !

art intranetL’introduction de systèmes en ligne pour la gestion des notes, du cahier de texte, les bulletins trimestriels par exemple est une nécessité et un progrès incontestables. Mais c’est le volet « messagerie » qui pose problème. Rappelons au passage aux enseignants que seul le cahier de texte est une obligation pour eux.
Dans certains cas, c’est le chef d’établissement qui bombarde les boîtes de ses profs de consignes et notes de service quasi quotidiennes. Dans d’autres, ce sont les parents qui, abrités derrière leur écran, à distance, demandent aux enseignants de justifier une absence, une mauvaise note sur la dernière copie de leur enfant ou encore critiquent le choix du roman donné en lecture suivie voire les méthodes pédagogiques utilisées. L’exemple réel, signalé ici, est un cas extrême ? On le voudrait.

L’enseignant menacé a bien sûr porté plainte. Son chef d’établissement, lui s’est contenté de bloquer l’accès à la messagerie à l’auteur des menaces. Il a fallu lui rappeler (merci le Snec-CFTC) que son devoir était d’en avertir aussitôt le rectorat, qui, en tant qu’employeur, doit assurer la sécurité des enseignants. L’affaire finalement n’est pas anodine. Une telle menace de mort est une intrusion inadmissible dans la vie privée de ce collègue et de sa famille.

Mais que font les établissements ?
Les parents signent-ils un code de bonne conduite quand on leur remet les codes d’accès à la messagerie scolaire ?
Sont-ils informés des risques, au civil comme au pénal, encourus en cas de harcèlement ou de menaces ?
Les chefs d’établissement sont-ils tous informés de leurs responsabilités en ce domaine, ont-ils accès à une formation spécifique ?
On aimerait avoir des réponses rassurantes à ces questions. Mais vous, subissez-vous, également le harcèlement des élèves, des parents ou de votre chef d’établissement ?

 

Je suis au crépuscule de ma carrière. Trente-quatre ans d’enseignement en collège et lycée général, pratiquement dans le même établissement. Histoire et Géo. Je pense honnêtement avoir toujours fait largement mon temps de travail qui ne se résume pas au 18/18èmes devant élèves : heures à corriger des bacs blancs de TES, conseils de classes, journées pédagogiques, étés à préparer un nouveau programme, samedis matin en réunion de parents, défilé des réformes et des modes pédagogiques qui obligent à se plier à des injonctions officielles ou qui invitent à des initiatives pédagogiques parfois intéressantes, parfois farfelues. Ainsi pêle-mêle : pédagogies par objectifs, ateliers de méthodologie en seconde, sécurité routière en cinquième, très fameux socle commun des compétences, smalah du numérique, histoire des arts, tableau blanc interactif bien après la carte murale et les projecteurs diapos, puis rétros puis vidéos, stages de formation pour maîtriser l’incontournable outil informatique. La liste pourrait être plus longue et a pour but de démontrer que la carrière d’un enseignant n’a rien d’un ronron besogneux.
Annualiser mon temps de travail comme le suggèrent ces « réfléchisseurs » de l’institut Montaigne ? Mais il est déjà annualisé mon temps de travail ! Même au cœur de l’été, en plein mois d’août mon esprit pense à la rentrée prochaine, au cours qu’il va falloir retravailler et que l’on reconstruit dans sa tête allongé sur sa serviette de plage. Le pire depuis quelques années c’est l’intrusion insidieuse du travail au plus privé de ma maison. Quand je lis mon courriel à dix heures du soir et que je me surprends à compléter le cahier de texte en ligne de la cinquième violette sur un ordinateur que j’ai payé avec mon argent, abonnement internet compris, je me dis : « ça suffit ! ».
Je ne sais pas qui sont ces messieurs-dames de l’institut Montaigne mais des fourmillements me gagnent et, si ce n’était pas interdit par la réglementation du code de l’éducation, je leur botterais volontiers le derrière.