stress (2)N’avez-vous jamais été confronté à ces gens qui dès qu’ils sont dans une soirée en présence d’enseignants qu’ils ne connaissent pas ne trouvent rien d’autre à dire que : « Ah oui vous êtes prof, toujours en vacances ! » ?
Moi si et je leur ai répondu que eux qui ne sont pas enseignants avaient beaucoup de chance. Beaucoup de chance ? Oui car sans nous ils devraient se charger de l’éducation de leurs enfants… et là je vois madame et monsieur pousser un soupir d’épuisement.
Épuisement, oui d’épuisement. C’est ce que nombreux enseignants ressentent, non pas le soir en rentrant chez eux, mais en sortant de la classe dans laquelle ils viennent d’enseigner une heure avant de partir dans la suivante.
Alors pourquoi ce métier est-il devenu aussi pénible, dans l’enseignement privé catholique notamment ? Les raisons sont multiples et nombreuses.
Commençons par les élèves, souvent plus éveillés qu’il ne faut et souvent plus endormis que la normale pour agrémenter de leur participation active les cours. Les cours, que l’on a coutume de qualifier de face à face « pédagogique », ne sont pas de tout repos non plus. Mais là inutile d’en dire plus, vous savez de quoi je parle.
Enchainons par les parents souvent consuméristes et inquiets pour l’avenir de leurs enfants et qui les suivent de tellement prêt qu’ils interrogent sans cesse les enseignants.
Poursuivons par l’État qui du fait que nous sommes agents publics nous contraint à suivre ses directives telles que les réformes à répétition auxquelles il faut s’adapter, le cahier de texte électronique etc.
Terminons par les chefs d’établissements qui du fait qu’ils ne sont pas nos employeurs profitent de « ce personnel » mis à disposition pour faire grandir leur établissement au travers de ce qu’ils appellent le caractère propre et par là même embellir leur propre CV pour avancer dans leur « schéma de carrière ». Ici la liste est longue : demi journées pédagogiques qui n’ont rien de pédagogique, AG, portes ouvertes (deux parfois), activités sportives et caritatives sur temps libre, 3 conseils de classes ( voire 4 parfois) par classes et par trimestre, réunions de parents, sorties pédagogiques, de préférence sur temps libre ou vacances … et si d’aventure je tombais malade, on me ferait en plus culpabiliser.
En tant qu’enseignant je me sens observé en permanence par les yeux de l’État et de ses inspecteurs, par le chef d’établissement et ses sous-chefs, par les parents et par une trentaine de paires d’yeux pour lesquels je ne peux avoir la moindre défaillance.
Toutes ces raisons, et j’en oublie certainement, rendent ce métier stressant, pénible nerveusement. Mais vous, ressentez-vous aussi ce stress, cette pénibilité? Sont-ils présents dans votre établissement ? Ou suis-je le seul ?

 

5 Responses to Je fais un métier stressant, pénible nerveusement et qu’on ne vienne pas me balancer les vacances à la figure …

  1. Stéphane dit :

    Quand je lis les messages sur ce blog, j’ai l’impression que c’est moi qui les ai écrits tant ils reflètent la dure réalité de ce que je vis. Je suis jeune prof et je commence à peine ma carrière. Le premier trimestre se termine et je suis totalement épuisé. Pour couronner le tout j’ai des copies à corriger pour la rentrée et je sais déjà qu’elles vont me pourrir ce que certains osent appeler des vacances. J’ai le très net sentiment que j’ai moins de vacances que lorsque j’étais étudiant et que je travaillais 39h semaine chez Carrefour!!!! Je tiens encore à préciser qu’à l’époque j’avais envie de voyager. Aujourd’hui mon état de fatigue ne me donne même plus envie! A ceux qui sont dans le même état de moi je demande comment ils vont faire pour tenir? Moi je ne ne sais pas.

  2. Marie dit :

    Le stress, je connais mais le pire c’est la DESTRUCTION d’une personne admis par une directrice, son « équipe » dit pédagogique, son supérieur Directeur Diocésain lors d’un différend avec une famille d’élèves de primaire. Résultat sans aucune conciliation!aucune rencontre avec les parents… :
    Conseil de discipline à l’I.A. + garde à vue, fouille au corps, mis en cellule, entretien 30 min avec 1 avocat commis d’office! RIEN de retenu contre toi puisqu’il n’y a eu que de la diffamation. Tu perds 15 kg, tu touches le fond, tu n’as plus envie de faire ce métier que tu as vraiment choisi!

    • Flaure dit :

      Le stress, il est partout. Au point que je vois de plus en plus de collègues venir au collège avec la boule au ventre. Stress permanent face aux élèves (inutile d’expliquer, on sait pourquoi), face à la direction qui se range plus facilement du côté des parents que des enseignants et quimanage les profs comme on manageait dans les entreprises il y a trente ans (C’est moi le chef, c’est moi qui décide… et c’est toi qui exécutes_ si t’es pas content, l’année prochaine tu verras ce que c’est des mauvaises classes, un emploi du temps pourri et des réunions quand ça ne t’arrange pas, face à des parents qui se croient tout permis, allant même jusqu’à remettre en cause le travail du prof et pour finir face à l’inspecteur qui surdoué de l’analyse humaine prétend en une heure faire le tour d’une pédagogie que toi tu as mis des années à mettre au point! … et tout ça pour un salaire de misère. Quand je vois tous ces problèmes, je me suis moi aussi syndiquée.

  3. Elisa dit :

    Oui c’est vrai pour les enseignants mais également pour la plupart des personnels de vie scolaire qui se retrouvent plusieurs heures par jour face à élèves dans une salle d’étude, de travail de groupe, de devoir, au self, sur les cours de récréation, en espace repos ou travail à l’internat, en espace animation, etc…

  4. Laurence dit :

    Oui nous faisons un métier qui demande une énergie folle face à des élèves surexcités ou endormis en fonction de l’heure de cours et souvent sans aucune éducation. Des élèves qui travaillent de moins en moins donc aux professeurs d’en faire toujours plus pour palier les lacunes et la fainéantise de ces « charmants » bambins dont les parents sont démissionnaires pour la plupart. Des heures de boulot: préparations, corrections, réunions, formations, remises en cause régulières à cause des réformes stupides… pour effectivement une paie honteusement ridicule vus les diplômes demandés. Moi aussi j’en ai ras le bol et envisage de changer de travail!